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inauguration bild / idbl & exposition automne 2012

  • 10 Juil 14

Les relations entre l’art et l’architecture

 

Le rapport entre les arts plastiques et l’architecture dans leurs relations au territoire et à l’environnement est un sujet complexe qui ne sera naturellement ici qu’effleuré; en effet de tout temps les artistes ont essayé de réfléchir aux modes de réception de leurs productions et se faisant de réfléchir à leurs mises en espace et à leurs adéquations avec les lieux de réceptacle, autrement dit avec l’architecture ou les espaces qui
les accueillent.

La création du XXe siècle est à ce titre exemplaire d’une multitude d’expériences et de tentatives de rapprochement entre l’art et l’architecture; ce fut même une des ambitions majeures
de certaines utopies artistiques du début du XXème siècle, celle de l’art total ou de l’art et la vie notamment, ou, de manière plus pragmatique, cette question fut également une des composantes majeures de la notion de l’in situ.
On sait que Hegel dans sa théorie de l’esthétique et sa hiérarchisation des arts considérait l’architecture comme la forme d’art la moins aboutie, venait ensuite la sculpture et la peinture, puis en dernier lieu la poésie et la musique, qui, seules à ses yeux pouvaient s’enorgueillir d’être pure création,
car libérées de toutes contraintes matérielles.

Il s’est avéré, suite à l’avènement de la modernité dans son versant le plus formaliste tout au moins, que les arts plastiques et l’architecture ont acquis suffisamment d’autonomie conceptuelle à l’égard du monde empirique pour répondre aux préceptes Hégélien de la dématerialisation de l’œuvre d’art comme valeur absolue de l’acte de création.
Cette quête d’indépendance à l’égard du monde empirique a généré de part et d’autre des recherches esthétiques et formelles fortement similaires qui font que jamais peut-être dans toute l’histoire de l’art, les préoccupations des plasticiens et des architectes ne furent aussi proches formellement et
conceptuellement; on peut évoquer à cet égard les recherches de Malevitch, de Kandinsky, de Mondrian, du Bauhaus ou du minimalisme.

Cette complicité entre l’art et l’architecture ne s’est jamais depuis lors démentie, même si à partir des années 60, elle prit des formes plus conflictuelles; on est en effet passé du désir de fusion, à la contestation voir au désir de destruction. En effet l’architecture pour bon nombre d’artistes des avants gardes, de Robert Smithson à Gordon Matta-Clark en passant par Bruce Naumann pour ne citer que ses trois exemples, fut considérée comme le symbole même d’un pouvoir institutionnel aliénant et le symptôme de toutes les dérives consuméristes du progrès moderniste, autrement dit: le lieu de l’assimilation de l’individu dans un système normatif et de la domination de la pensée rationnelle au détriment de l’entropie, du subjectif et du singulier. Mais même au sein de ce grand travail négatif, l’architecture restait néanmoins omniprésente au sein des œuvres de ses artistes, matériellement et conceptuellement en tant que support d’exaction ou comme le symbole de l’oppression
capitaliste.

Aujourd’hui, bien sur, ces regards croisés ne se limitent plus « simplement » à des questions formelles et la croyance dans les utopies de l’art pour l’art ou de l’art total ne semble pas avoir résisté aux aléas de la postmodernité. En revanche les interrogations sociales, politiques, sociologiques et écologiques qui irriguaient la pensée conceptuelle des artistes des avants gardes semblent (la radicalité en moins) restées prépondérantes
dans les démarches des artistes qui lorgnent aujourd’hui du coté du territoire ou de l’environnement, car c’est bien davantage à présent l’aménagement de notre cadre de vie et de notre territoire dans sa capacité à influer sur nos comportements et à conditionner nos esprits qui focalise l’attention des plasticiens.

Quoi qu’il advienne de cette question dans l’avenir et même si l’on considère que l’art par son effervescence et son instabilité, par sa pratique du renversement, sa capacité à générer du négatif et à s’abstraire des situations pratiques, ne peut être, en tous points assimilé a l’architecture, qu’il ne peut être que fondamentalement singulier dans son devenir. Il n’en reste pas moins vrais également qu’a bien des égards par leurs lois esthétiques, par leurs dimensions sociales et par leur historicité conjointe, qu’ils demeurent néanmoins indissociables dans leurs évolutions . Les expériences menées de part et d’autre récemment sur le traitement des ambiances spéciales montrent s’il en était besoin que ces relations conflictuelles ou amicales (je t’aime je te hais) sont toujours d’actualité.

Les œuvres des artistes qui seront exposées dans le BILD (Bureau d’Implantation des Lignes de Digne) en partenariat avec le Fond Régional d’art contemporain de la région PACA sont toutes représentatives de cette évolution et à travers l’architecture elles témoignent en vérité d’un regard critique porté sur notre territoire et sur notre environnement.

L’intervention du plasticien Henrik Sturm pour un projet de déambulation artistique s’inscrira également dans cette problématique, puisqu’il invitera le public, suite à une visite approfondie de la nouvelle école et de son environnement, À réfléchir sur l’évolution du paysage et du territoire urbains (ses circulations, son aménagement et ses transformations).